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Mettez les enfants à l'abri ! Cette vieille perverse de Madonna (dé)vêtue de cuir et jambes grand écartées bombarde depuis quelques semaines les médias avec ses sucreries pour adultes, packagées dans un album intitulé Hard Candy. Après dégustation, il est probable qu'un arrière-goût de déjà-entendu se fasse sentir. Et pour cause, les bonbons de la dame ont été fabriqués dans l'usine à gaz de Timbaland et Pharell Williams...
Si la musique avait sa chaîne comme la nature a sa chaîne alimentaire, cette trend-setteuse qu'est Madonna en serait le superprédateur. Mais avec Hard Candy, la chaîne musicale est bouleversée... La dominatrice s'est trouvée des prédateurs aux dents plus longues ! Aujourd'hui, Madonna court après ceux qui font la musique de celles qui lui courent après. Du coup, la chaîne musicale se mord la queue. Le temps où toutes les Miss voulaient la paix dans le monde et toutes les chanteuses en culotte courte voulaient devenir Madonna semble révolu ! Désormais, Madonna singe ses wannabes.
Vraisemblablement fatiguée de courir après l'innovation à la veille de son demi-siècle d'existence, Madonna a décidé de se faire conformiste et de suivre la tendance... Acclamée pour avoir revisité le disco avec son Confessions On A Dancefloor, la reine de la pop a remisé perruque Farrah Fawcett, boule à facette et patins à roulettes pour rendre son son street-compatible. De quoi se relancer aux Etats-Unis, où elle n'est plus vraiment en odeur de sainteté depuis sa période American Life anti-Bush.
Tous les industriels du disque de masse sont de la partie. Malheureusement, Timbo et Pharell Williams, autrefois considérés comme prodiges de la musique, prennent lentement mais sûrement le chemin de la désuétude, trahis par l'appât du gain qui les pousse à la sur-prolifération, et nous à l'overdose. Certes, l'album n’est pas catastrophique, mais l'audace des vieux jours semble aujourd'hui lointaine.
D'ailleurs, au rayon des audaces manquées, on retrouve la pochette de l'album. Dans son rôle de nymphe, la dame a autant de finesse et de subtilité que Marcel le camionneur qui essaierait de te prendre à l'arrière de son semi-remorque. L'abus, sur tout l'album, de la métaphore sexuelle et de l'imagerie porno-cheap donnent la nausée. Madonna en sexy écarteuse de jambes sur sa pochette a autant de sex-appeal que la version fatiguée de Rocky Balboa qui exhiberait son entre-jambe. La seule chose étonnante sur cette pochette est qu'elle n'ait pas osé se fourrer un sucre d'orge. On approche le niveau zéro de la subversion. Vendre son sexe en bundle avec sa musique en 2008 est tout ce qu'il y a de plus usuel. La vraie provoc' serait peut-être plutôt d'oser se rhabiller... Passons.
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L'album s'ouvre sur l'ennuyeux Candy Shop de Pharell Williams. Madonna y joue les Willy Wonka porcines et propose de nous gaver de ses sucreries. Elle prévient : Don't pretend you're not hungry, I've seen it before ! Laissez tomber les boules Quiès de chasteté, Madonna est prête à user de la coercition pour vous pénétrer l'orifice*.
S'ensuit le premier extrait, 4 Minutes (To Save The World), en duo avec son toy boy Justin Timberlake et son producteur Timbaland. Bruyant mais remuant, d'aucuns l'ont détesté avant de le trouver addictif. "J'en suis à ma 150ème écoute et finalement, j'adoooore." Incontournable pour ceux qui se sentent d'humeur dansante. Les autres le trouveront oppressant.
Au rayon des autres titres accrocheurs, on retiendra : Give It To Me, un hymne mégalo au rythme entraînant, dont les paroles se résument à peu près à "Donne-moi ça, ou je te l'arracherai des mains de toute façon" ; le plus personnel Miles Away, où elle évoque les relations longues distances ; She's Not Me, où la Reine pose un genou à terre face à la concurrence d'une plus belle et jeune qui lui chipe son mari.
Pour le reste, on l'a déjà entendu deux ans plus tôt chez Nelly Furtado ou Britney Spears. Incapable d'apporter un supplément d'âme, Madonna peut donc ranger autotune et vocoder. A noter tout de même, au rayon des titres plus-ridicules-tu-meurs, son Dance 2night en duo avec Justin, dont les paroles sont consternantes : You don't have to be beautiful / To be understood / You don't have to be rich and famous / To be good. On peine quand même à sérieusement considérer à prendre pour maître à penser une femme qui vient de se payer un ravalement de façade et prétend nous apprendre l'acceptation de soi. Ceux qui seront restés éveillés jusqu'au bout de l'album seront récompensés par les soporifiques Devil Wouldn't Recognize You et Voices.
Finalement, le meilleur moment de cet album, c'est encore quand il s'arrête.
* On parle de votre oreille, hein...







